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avril 2020
LA LETTRE D'INFO FNE LOGO
N°4 > Sortons des PESTICIDES
N°4 > Sortons des PESTICIDES

A l'heure où les débats sur l'usage des pesticides en France font rage et où l’Etat cède sous la pression de certains syndicats agricoles en période de confinement, FNE Midi-Pyrénées propose de faire le point sur les enjeux que recouvre l'utilisation de ces molécules chimiques… et leur abandon possible.

Nous publions également ce jour une Lettre ouverte aux préfets pour demander l'arrêt des pesticides à proximité des lieux d'habitation et de confinement.

1 – COMPRENDRE

Avec des dizaines de milliers de tonnes vendues chaque année, des effets dévastateurs sur la santé et l'environnement mais aussi une utilisation en constante augmentation, les pesticides ne cessent de faire la Une de l'actualité. Mais quels sont les principaux enjeux de ce dossier sensible ? de la définition de ces produits, à l’agroécologie et la sortie des pesticides, en passant par leurs divers impacts sur l’environnement et la santé, notre fédération nationale, France Nature Environnement, présente l'essentiel dans un article en ligne et milite pour une ZNT d’au moins 150 mètres à proximité des habitations et des lieux accueillant du public.

Les actualités du moment concernent principalement les Zones de Non Traitement aux pesticides (ZNT) à proximité des points d’eau et des riverains, et leur impact sur  la santé et les écosystèmes :

                        Source : https://evolution-rivieres.eau-adour-garonne.fr/qualite/phytosanitaires

C’est donc un sujet sous tension avec un certain monde agricole, comme l’illustre l’attaque de nos locaux en févrierà laquelle nous avons répondu, et la demande de dissolution de la cellule de renseignement Demeter, créée par le Ministère de l’Intérieur à la demande des syndicats majoritaires agricoles (FNSEA et JA) et dédiée aux « atteintes au monde agricole ». Ce dispositif policier et judiciaire risque de servir à surveiller militants animalistes et écologistes opposés à l’agriculture industrielle…

Pourtant il existe d’autres pratiques agricoles permettant d’utiliser peu voire pas de pesticides telle que l’agroécologie, qu’accompagne entre autres Solagro (membre FNE MP) et le réseau CIVAM[1], et l’agriculture biologique portée notamment par le réseau FNAB[2]. Par ailleurs, des recherches, des prospectives-modélisations et des appels à projets sont en cours pour arriver à réduire l’utilisation de ces substances, notamment au sein de l’INRAE[3]qui a mis en ligne un centre de ressources pour accompagner à la sortie du Glyphosate début 2019.

En complément, dans la presse récemment :

 

2 – CONVAINCRE

Les impacts en termes de santé-environnement des épandages des pesticides sont nombreux. Nous participons depuis de nombreuses années aux échanges régionaux dans le cadre du plan Ecophyto et notre réseau associatif se mobilise dans les territoires  pour défendre l’environnement et la santé et dénoncer les  dérives en cours. Comme le fait APRA Le Chabot en Ariège (membre de FNE MP) il est urgent d’agir pour préserver les cours d’eau et faire reconnaître comme tels la majorité des écoulements, car la réglementation concernant les épandages en dépend. D’autre part, les résultats d’une enquête de FNE 82 publiés en juillet 2019 révèlent que les riverains de vergers sont davantage touchés par les cas de cancers et d'autres maladies graves et/ou invalidantes. Télécharger l'analyse complète de cette étude: etude-impacts-phyto-fne-82-2020.

A propos des distances d’épandage des pesticides autorisées,  FNE Midi-Pyrénées et ses associations membres dénoncent l'inconséquence des mesures proposées par le gouvernement . En effet, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a proposé qu’elles puissent aller jusqu’à 5 ou 10 m des lieux habités, sans fondement scientifique.

FNE Midi-Pyrénées encourage les pratiques alternatives, et s'implique dans la lutte contre l'utilisation des pesticides en valorisant les structures qui offrent des solutions innovantes et reproductibles en la matière. Une formation sur le biocontrôle pour les jardiniers amateurs  a également été travaillée avec notre fédération nationale et d’autres fédérations régionales (FNE Centre Val de Loire, FNE Auvergne Rhône Alpes), dans le cadre de la mise en œuvre de la loi Labbé.

Pour démontrer que des solutions alternatives existent en termes de pratiques viticoles, FNE Languedoc-Roussillon a collaboré avec des vignerons pour produire sa bande dessinée « Invino veritas : les pratiques agroécologiques en viticulture ».

Pour aller plus loin :

 

3 – MOBILISER

Depuis 2019, FNE Midi-Pyrénées mène de plus en plus  d’actions contre les effets des pesticides et en a dressé un état de lieux lors de la Semaine des alternatives aux pesticides (du 20 au 30 mars 2020) : recours juridiques, positionnements et plaidoyer auprès des acteurs publics, journées d’échange et de formation… qui se poursuivent en 2020, restez  mobilisés avec nous !

Au cause du Covid 19 et du confinement, cette 15ème semaine des alternatives aux pesticides n’a pu avoir lieu normalement. Générations futures, qui organise cette mobilisation, a proposé un accompagnement en ligne (interview, concours…) et les collectifs et associations qui souhaiteront proposer des événements par la suite ont accès à de nombreux outils d’organisation et de communication pour les guider dans la démarche sur le site internet de l’événement.

L’association Les Jardiniers de Tournefeuille, membre de FNE Midi-Pyrénées, avait programmé plusieurs événements qui sont reportés en raison du contexte sanitaire actuel. Ils espèrent notamment pouvoir organiser l’action « La nature en ville », dès le confinement levé (expositions, jeux, animations et inauguration de l’hôtel à insectes municipal) > voir le programme des événements du collectif T-CAP. La mobilisation se poursuit au-delà de cette semaine, car l’association organise chaque premier vendredi du mois une manifestation devant la Mairie de Tournefeuille souhaitant voir refleurir les coquelicots, symbole de biodiversité.

La marche contre Mosanto prévue le 16 mai 2020 se déroulera en ligne avec tout un programme de visio-conférences et d'animations pour :

  • DÉNONCER les crimes de Monsanto et soutenir les victimes de l'agro-chimie
  • COMPRENDRE les ravages du système agro-industriel actuel
  • IMAGINER un nouveau modèle d'agriculture écologique, local et résilient

Confinement ou pas, nous vous invitons à vous mobiliser depuis chez vous le 16 mai 2020 pour cette 8ème journée mondiale contre Monsanto.

Signez et partagez l’appel à la résistance pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse, lancé par le mouvement Nous voulons des coquelicots. De multiples rassemblements et actions des collectifs locaux du mouvement s’organisent sur vos territoires, n’hésitez plus et participez !

[caption id="attachment_7553" align="aligncenter" width="455"] © CC Source: pixabay.com / Auteur: geraldfriedrich2[/caption]

Mobilisez-vous aussi en signant la pétition lancée en novembre 2019 par une Initiative Citoyenne Européenne, et en devenant membre du mouvement, qui regroupe plus de 120 organisations européennes, pour demander une élimination progressive des pesticides de synthèse d’ici à 2035 et une aide aux agriculteurs pour qu’ils puissent changer leurs pratiques. T

Tout plein d’autres pétitions existent sur le sujet des pesticides, n’hésitez pas à faire une recherche internet !

Enfin, nous vous encourageons à relayer notre Lettre Ouverte aux préfets (lettre-ouverte-prefet-pesticides-fne-mp-2020-04-30-a-adapter-et-envoyer) et auprès de vos élus locaux et de la presse locale afin de démultiplier notre action.

 

4 - DÉFENDRE

Plus de 6 mois après l’injonction du Conseil d’Etat faite au gouvernement de prendre des mesures pour protéger les riverains des zones traitées, la situation est toujours loin d’être satisfaisante.

Les fameuses chartes d’engagement départementales peuvent prévoir des dérogations aux distances de non traitement à proximité des habitations. Selon le type de produit utilisé et le type de culture, les distances peuvent ainsi être réduites à 5 voire 3 mètres. Le contenu de ces chartes est donc largement critiquable, tout comme leurs modalités de mise en œuvre, lesquelles sont, par comparaison, bien en en-deçà des exigences dont bénéficient les procédures relevant du code de l’environnement. C’est d’ailleurs pour cette raison que ces règles, distances comprises, fixées par un décret et un arrêté du 27 décembre 2019, ont  fait l’objet d’un recours en référé-suspension, rejeté par le Conseil d’Etat, qui se prononcera sur le fond dans les prochains mois.

Mais ce n’est pas tout. Une instruction technique indique que ces réductions de distances peuvent être appliquées avant même l’adoption des chartes, et ce jusqu’au 30 juin 2020, dès lors que le processus d’adoption est engagé. Malgré cette période de confinement, qui oblige de nombreux riverains à subir l’épandage de pesticides sans possibilité de s’éloigner de leur habitation, le Ministère de l’agriculture a rappelé cette possibilité de dérogation sur son site internet.

Compte tenu de la gravité de la situation, FNE a décidé d’engager un recours en référé-suspension et un recours sur le fond contre ces instructions, avec 7 autres associations et 1 collectif associé.

En Midi-Pyrénées, ces dérogations peuvent à ce jour être appliquées dans Gers, l’Aveyron et la Haute-Garonne.

Au demeurant, les projets de chartes seront en principe publiés sur le site des chambres d’agriculture départementales et les phases de concertation publique sont reportées à la fin du confinement.

Pendant cette période de confinement, propice à l’accélération d’un processus de régression généralisée des normes environnementales, FNE Midi-Pyrénées est particulièrement attentive et poursuit ses actions de lutte contre les effets des pesticides.

En complément sur nos actions juridiques et celles du mouvement FNE  concernant les pesticides :

 

Pour conclure, nous vous invitons à contribuer à notre outil participatif Sentinelles de la nature : en signalant des usages abusifs de pesticides ainsi que des pratiques alternatives positives dans vos territoires (Région Occitanie) vous aidez à conscientiser les enjeux et à diffuser les alternatives à ces molécules chimiques !

 

 


POUR PLUS D’INFORMATIONS :

 

[1] Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et Milieu rural

[2]  Fédération Nationale d’Agriculture Biologique

[3] Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement

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