Actions de sensibilisation

#0-FACE AU COVID, APPEL (très sérieux) du 1er AVRIL 2020

ET POURQUOI PAS ? :

DES SAUMONS PAR MILLIERS DANS LA GARONNE ET SES AFFLUENTS,

ET LES AUTRES FLEUVES

Suites aux mesures de confinement et de mise au ralenti de l’économie, imposées par la pandémie de COVID 19, des milliers de saumons1, des centaines de milliers d’aloses2 et toute une biodiversité d’espèces aquatiques auraient de nouveau été observés dans la Garonne et ses affluents, ainsi que dans l’ensemble des autres fleuves et rivières de France, et d’ailleurs.

Il pourrait même être observé ce 1er avril un esturgeon3 de plus de 2 mètres dans un affluent de la Garonne, ce qui n’avait pas été documenté depuis plus d’un siècle comme nous le rappellent 3 spécimens de grande taille toujours conservés au Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse.

Les mesures de confinement, aujourd’hui indispensables pour permettre aux soignant.e.s de s’organiser face au péril sanitaire que représente pour l’espèce humaine un virus nouveau, échappé de la nature et d’espèces animales malmenées, entraînent des conditions inédites permettant le retour de la nature et d’un environnement plus sain, salutaire, partout.

Dans la Garonne, cela fait des décennies que l’on n’a pas observé un tel retour de poissons migrateurs, qui pourraient bénéficier du calme et de l’arrêt des activités néfastes, pour reprendre leur cycle de vie, sans attendre, depuis l’estuaire jusqu’aux sources.

 

APPEL DU 1ER AVRIL 2020, par FNE Midi-PYRENEES,

POUR QUE CELA DEVIENNE RÉALITÉ ! 

Pour Thierry de NOBLENS, Président de FNE Midi-Pyrénées : « C’est notre santé à toutes et tous, et à celles de nos proches, qui a fait prendre aujourd’hui des décisions drastiques à la plupart des gouvernements sur la planète, clouant les avions au sol et les bateaux au port, restreignant fortement les déplacements et les pollutions associées, entraînant un ralentissement soudain et une relocalisation de fait des activités.

C’est ce contexte très particulier qui nous amène aussi à réfléchir à nos pratiques et à mieux considérer le monde alentour.

Il se trouve que des mesures aussi fortes sont celles qui auraient dû être prises depuis longtemps face aux périls écologiques, crise climatique, crise de la biodiversité et pollutions multiples, qui menacent l’humanité au moins autant que le Corona Virus, en même temps qu’elles impactent fortement la nature et l’environnement.

Saisissons ce moment, comme l’a déjà fait sans attendre la nature qui gazouille et frétille autour de nous.

Cet arrêt simultané, sans précédent, de la course folle dans laquelle allait le monde est aujourd’hui une situation unique. »

Si nous saisissons toutes et tous collectivement ce moment totalement inédit, où plus de 3 milliards d’êtres humains s’arrêtent en même temps de courir partout sur la planète et de la détruire, pour réfléchir et se mettre à pratiquer ensemble, dès aujourd’hui, « le monde d’après », ça pourrait ne pas être triste et ça pourrait même être très enthousiasmant, et salutaire.

 

Nous lançons donc aujourd’hui,

l’Appel (très sérieux) du 1er avril 2020,

pour la Nature et l’Environnement, ici et ailleurs.

Prenons le temps, réfléchissons, changeons profondément nos pratiques

et repartons toutes et tous ensemble du bon pied.

 

Nous proposons que cet Appel du 1er Avril 2020 rejoigne d’autres appels et démarches sur tous les aspects de nos vies, en commençant par la place de la santé, des solidarités et des autres besoins élémentaires et essentiels partout sur la planète.

Nous proposons aussi de travailler ensemble, ici et ailleurs, à un Projet citoyen, pour repartir ensemble dès à présent, du bon pied.

Créons, dès aujourd’hui, le monde d’après, solidaire, démocratique, sobre et donc éco-logique !

A suivre : Dès aujourd’hui, les prochains jours et les prochaines semaines nous relaierons sur notre Site Internet, et par tous nos moyens d’échange et de communication, des idées, des propositions, des exemples, des bonnes adresses, et des contacts en ce sens.

Nous sommes aussi à votre écoute pour recueillir et nous faire l’écho de vos avis, infos et propositions, sur notre boîte mail contact [a] fne-midipyrenees.fr et nos réseaux sociaux twitter et facebook, ainsi que sur notre chaîne youtube (oui, ce sont des GAFAM, nul n’est parfait !).

Nous vous invitons aussi à nous faire part de vos observations/informations sur des pratiques favorables en cours, ici : SentinellesdelaNature.fr

#Appeldavril – Semaine 1 : Alimentation-Agriculture

#Appeldavril – Semaine 2 : Eau-Milieu-aquatiques

#Appeldavril – Semaine 3 : Air-Mobilités

#…

Et toujours : #SANTE-ENVIRONNEMENT

 

1 Saumon = Salmo salar L., 1758

2 Alose = Alosa spp. Link, 1790

3 Esturgeon = Acipenser sturio L., 1758

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

ET SI UNE SITUATION NOUVELLE SURVENAIT ?

L’arrêt de la pêche intensive sur les côtes Atlantiques et dans l’estuaire de la Gironde, tout comme ailleurs sur le cours de la Garonne où l’on observait par exemple ces dernières années des pêches excessives d’aloses du côté d’Agen, ou d’autres pratiques, pas plus recommandables, plus en amont encore sur la Garonne, la Dordogne et leurs affluents, leur redonne vie.

Les changements importants observés depuis la mise en place du confinement permettent désormais un retour de la biodiversité et des poissons migrateurs qui viennent frayer (se reproduire) et/ou faire leur vie dans nos rivières.

Les poissons bénéficient ainsi de l’amélioration de la qualité de l’eau des rivières, et de la réduction des pressions et obstacles artificiels, des sources et les zones humides des têtes de bassins versants, jusqu’à l’estuaire et l’océan. Cette amélioration pourrait être réalité notamment suite à :

– Un retour à une agriculture agro-écologique et à la diminution des prélèvements d’eau pour l’irrigation (causant la baisse du niveau des rivières) et à l’arrêt des rejets agricoles (saturant jusque-là les cours d’eau en produits chimiques), ainsi qu’en matière en suspension dans l’eau, du fait notamment de labours faits dans le sens de la pente, sur des parcelles dépourvues de haies et de végétation, laissant dévaler toute la terre labourée dans l’eau.

– Une ré-organisation de notre mode de vie avec une réduction des déchets, où après de premiers réflexes, parfois non-écologiques, liés au confinement et au souhait d’éliminer à tout prix le virus de nos logements, se traduisant d’abord ces derniers jours par exemple par des afflux de lingettes désinfectantes dans les stations d’épuration du pays, mais pouvant évoluer rapidement vers le respect de consignes de ne pas engendrer de tels déchets, et par la réduction de polluants que sont les bouteilles en plastique par exemple que nous jetions jusque-là un peu partout et finissaient dans nos fleuves et les océans, et donc aussi dans l’estomac et les branchies des poissons.

Une forte réduction de notre consommation énergétique, et la limitation par exemple des barrages ou de la pollution lumineuse des éclairages publics le long des rivières et sur les ponts traversant nos villes et paysages, ayant tendance jusque-là à dérouter les poissons migrateurs, nageant y compris la nuit, en les éblouissant et les épuisant, et aussi à la réduction des rejets d’eau chaude – et parfois radioactive – de la centrale nucléaire de Golfech dans le cours de la Garonne.

Une forte réduction de nos transports, y compris de bateaux depuis Bordeaux et au large de l’estuaire de la Gironde, à l’origine de perturbations et de rejets polluants, et impactant donc la qualité de l’air, déterminante pour le retour d’une diversité d’insectes et d’invertébrés à la base de la chaîne alimentaire des poissons gobant des insectes au vol ou fouissant dans la vase pour trouver des larves.

Un fort ralentissement de l’industrie et un recentrage sur des productions essentielles, engendrant de moindre prélèvements d’eau pour les process de fabrication et moins de rejets d’effluents industriels dans l’eau, ainsi que dans l’air (voir ci-dessus).

La responsabilisation des activités de loisirs, et l’interdiction de certaines, dévastatrices pour la nature, comme le ruisseling4 dans les torrents de montagne, la pêche sportive ou le jet-ski sur les bases de loisir fluviales, ou les embouteillages de péniche en été sur certaines portions de la Garonne.

4 Ruisseling = Course à pied dans les torrents et cours d’eau, causant des dégâts à la nature