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Plan d’adaptation au changement climatique du bassin Adour-Garonne : avis des APNE

Le 2 juillet, réuni à Toulouse sous la présidence de Martin Malvy, le comité de bassin a adopté le plan d’adaptation au changement climatique du bassin Adour-Garonne (PACC) . « Ce plan n’est pas une fin en soi, il a vocation à faire évoluer les pratiques et les stratégies. Il faudra activer tous les leviers, c’est la combinaison des mesures qui nous permettra de répondre à tous les enjeux du bassin » a précisé Martin Malvy. Le plan propose une série de mesures aux acteurs politiques et socio-économiques pour s’adapter aux effets particulièrement prégnants du changement climatique sur l’eau du Sud-Ouest. Le Préfet coordonnateur de bassin Pascal Mailhos a souligné que « l’urgence est d’abord à l’action. C’est l’inaction qui nous sera reprochée, pas l’action ».

En Adour Garonne, afin de faciliter l’appropriation des enjeux et du plan, il a été choisi de le co-construire via un groupe de travail constitué de membres des instances de bassin représentant les différents usages dont les APNE, accompagnés des 2 régions et de 2 représentants du Conseil Scientifique de bassin. Ainsi ce plan tente de concilier les différentes visions et mesures d’adaptation au changement climatique qui bien souvent opposent les acteurs du bassin : stocker l’eau pour sécuriser et développer les usages et réduire notre impact sur les écosystèmes aquatiques et humides (restauration, préservation, réduction des pollutions et rejets à la source et des prélèvements…).

Ce plan présente des mesures innovantes, et d’autres plus contestables selon nous . Il souligne l’ampleur des défis à relever par rapport à la rapidité du changement climatique et de ses conséquences sur les milieux et les activités humaines.

Certaines des mesures nous apparaissent comme de fausses bonnes solutions, telles celles misant sur de nouveaux stockages de l’eau dans des ouvrages collectifs dédiés au soutien d’étiage et qui ont provoqué les critiques et réticences des APNE par crainte qu’elles entérinent des pratiques qu’il est justement nécessaire de faire évoluer. D’ailleurs les tensions sur la ressource en eau, déjà présentes dans certains territoires, vont s’accentuer et nous ne pourrons pas toutes les régler par du stockage, cela est reconnu par les principaux acteurs de l’eau du bassin (préfet, régions et agence de l’eau).

Mais le PACC intègre de nombreuses mesures qui ne peuvent qu’avoir le soutien des APNE :  miser sur la nature et renforcer la résilience des milieux aquatique et humides ; des sols vivants ; la diversité des paysages ; la reconquête d’espaces naturels pour la protections risques naturels ; la réduction à la source des pollutions et rejets ; l’accélération de la transformation de l’agriculture. Il nous faut aller vers un modèle de gestion de l’eau et de pratiques plus sobre. C’est ce que nous souhaitons voir porter au travers de ce plan, à l’image du rapport de l’ONU du mois de mars (Les solutions fondées sur la nature pour la gestion de l’eau).

Présenté comme un catalogue de mesures laissées au choix des décideurs territoriaux, nous nous interrogeons cependant sur son efficacité politique et opérationnel face aux enjeux du changement climatique déjà présent.

La suite : définition d’indicateurs de suivi, mise en place d’un comité de suivi à l’échelle bassin, grand plan médiatique à destination du grand public, percolation auprès des décideurs territoriaux via les forums de l’eau notamment, intégration au prochain SDAGE-PDM, …