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Enneigement artificiel

L’enneigement artificiel est une solution à court terme, « une mal-adaptation » au changement climatique, pour pallier le manque de neige naturelle.

Les investissements pour conserver les sports d’hiver seront donc de plus en plus lourds financièrement et leurs conséquences environnementales de plus en plus étendues (destruction des milieux naturels, des têtes de bassin, multiplication des retenues pour l’enneigement artificiel, pollutions …).

Les APNE de la chaine Pyrénéenne ont mis à jour leur positionnement sur cet enjeu plus que jamais d’actualité alors que se succèdent les hivers particulièrement doux et que le changement climatique est d’ores et déjà tangible.

L’économie des départements pyrénéens est liée au tourisme hivernal, en effet selon Atout France et l’INSEE près de 10 000 emplois en découlent. Afin d’assurer l’activité, les gérants des domaines skiables ont recours à la production de neige artificielle aussi appelée neige de culture. Le massif Pyrénéen côté français compte une quarantaine de stations de ski (alpin et fond).

A l’heure actuelle presque toutes dépendent au moins partiellement de la production de neige artificielle pour assurer la saison. Cette utilisation entraîne de nombreux impacts néfastes sur le milieu naturel montagnard.

Dans la perspective du réchauffement climatique, cette pratique doit être remise en cause du fait de la diminution progressive du volume de neige naturelle annuelle et du nombre de jours d’enneigement. Les Scénarios Climatiques Adaptés aux zones de Montagne (SCAMPEI) de Météo France et du CNRS, montrent que, d’ici 2020 et 2050, la hauteur de neige sur les Pyrénées sera réduite de 35% à 60% et la durée d’enneigement de 25 à 65%.

Malgré ce contexte alarmant dans le moyen et long terme pour les domaines skiables, malgré les importantes difficultés financières des stations pyrénéennes rappelées par la Cour des Comptes (février 2015), les politiques actuelles s’entêtent dans une stratégie d’investissement etd’équipement, notamment de production neige artificielle.

Les propositions des APNE (Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement)

Au législateur :

  • Interdire l’usage de tout additif pour la production de neige artificielle via la législation.
  • Interdire toute installation d’enneigeurs en-dessous de 1800 m.
  • Limitation de l’enneigement artificiel à 20 % du domaine skiable (partie basse des stations, zones sur-fréquentées, itinéraires de retour…
  • Mettre en place de nouvelles concertations et réglementations en termes d’urbanisation dans les territoires montagnards.
  • Systématiser la soumission des projets d’enneigement artificiel aux procédures UTN (Unités touristiques nouvelles).
  • Renforcer la représentation des APNE dans les institutions de la montagne. FNE soutient le projet d’un nouveau décret sur la composition du Conseil National de la Montagne avec la création d’un vrai collège associatif. Ce renforcement devra aussi concerner les comités de massif.

A l’Etat, services de l’Etat :

  • Définir une réglementation propres aux retenues d’altitude (sécurité, étanchéité, entretien, surveillance, vidange, accès, rapports périodiques, aléas montagne, etc.).
  • Créer de nouvelles instances de concertation citoyenne qui permettraient à la société civile de suivre les projets UTN, les investissements, la gestion des stations et d’émettre des propositions. Transformer les comités de suivi des UTN en « Commission de Suivi de Site ».
  • Appliquer les arrêtés du 11 septembre 2003 : les gestionnaires des stations de ski doivent équiper de compteurs les équipements de production de neige afin de suivre, contrôler et payer les volumes prélevés dans les ressources en eau.
  • Assurer la transparence de ces données fournies aux services de l’État vis à vis des citoyens.
  • Limiter le remplissage des retenues d’altitude, ainsi que les prélèvements directs dans le milieu, lors de l’étiage hivernal et interdire totalement les prélèvements lors des crises hydrologiques de l’étiage hivernal. Dans chaque cas, les études d’impacts de retenues d’altitude doivent définir le débit d’optimum biologique à laisser à la rivière.
  • Interdire la détérioration et la destruction des zones humides et du petit chevelu hydrographique lors de travaux, y compris pour les retenues destinées à l’enneigement artificiel.
  • Etudier l’utilisation du rapport Prélèvement/Ressource permettant d’estimer les zones à risques sur les bassins versants et limiter les impacts sur l’hydrologie des cours d’eau donc sur les écosystèmes qui leurs sont liés.
  • Maîtriser la qualité de l’eau utilisée pour l’enneigement :

o Eviter le prélèvement de l’eau directement en aval du point de rejet d’une Station

d’épuration,

o Interdire de prélever de l’eau polluée aux hydrocarbures,

o Contrôler la qualité de l’eau des retenues d’altitude.

o Préserver l’alimentation en eau des populations résidentes

  • Etudier et porter à connaissance des aménageurs et du grand public les impacts des stations de ski sur le changement climatique (bilan carbone, etc.) et l’impact du changement climatique sur le devenir des stations de ski.

Aux Elus / Collectivités/ Gestionnaires de stations :

  • Proposer un moratoire sur l’extension et la liaison des domaines skiables dans les Pyrénées et promouvoir une diversification du tourisme.
  • Privilégier les barrières à neige – bien que cette méthode ne soit également pas sans impact pour l’environnement -, afin de limiter la construction de retenues et les prélèvements en période d’étiage hivernal pour produire de la neige de culture.
  • Faire réaliser les études d’impacts des retenues d’eau d’altitude et des différents aménagements existants par des organismes indépendants.
  • Reconquérir les espaces naturels à l’intérieur des domaines skiables : retrait des busages, préservation et restauration du bon fonctionnement des ruisseaux et des zones humides, protéger les zones les plus sensibles des terrassements et des pénétrations des skieurs, respecter les périodes de nidification et d’élevage.
  • Ne plus subventionner l’enneigement artificiel avec de l’argent public (canons à neige, etc.).
  • Lancer des réflexions sur la diversification et le développement des activités sur l’année,compte-tenu du bilan de la cour des comptes sur l’avenir des stations de ski (2015) et du changement climatique. En effet, il est regrettable que les stations ne soient réfléchies qu’au regard de l’activité « sports d’hiver ». 



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