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Activités de loisirs en milieux aquatiques

Depuis de nombreuses années des « activités de sports de nature » se sont développées autour des milieux aquatiques aussi bien au bord de l’eau, que sur l’eau ou dans l’eau. De nouvelles activités ludiques voient régulièrement le jour et de plus en plus de pratiquants fréquentent les cours d’eau. Sous toutes formes – randonnées aquatiques, canyoning, canoë-kayak, ruisseling estival, pêche sportive… – ces activités impactent ou peuvent impacter les milieux aquatiques.
Connaitre les règles essentielles du droit de l’environnement qui protège les milieux, comprendre la vie aquatique et ses besoins, pratiquer dans le respect des règles et des milieux, tel est le challenge auquel doivent se confronter les pratiquants et structures de promotion de ces loisirs afin de minimiser leurs impacts sur les milieux.

La réglementation

Il n’existe pas de réglementaire spécifique encadrant les activités. Dans la LEMA (2006), voir « compatibilité des usages ». On parle de droit mou. Par ailleurs il est difficile de dire que telle activité à tels impacts, cela dépendant de multiples facteurs. Au-delà de la réglementation c’est notre propre sens de responsabilité et nos connaissances du milieu qui vont nous permettre de définir nos règles, et ce dans le respect de la nature. Les échanges permettent donc d’avancer sur la problématique, ainsi qu’une excellente connaissance du milieu.
Outils juridiques mobilisables :
• Natura 2000
• Arrêtés règlementant les pratiques
• Arrêtés de protection de biotope
Les arrêtés de biotope présentent des listes officielles d’espèces et d’habitats protégés.
Les inventaires départementaux des frayères n’empêchent pas les activités mais posent des contraintes pour limiter la destruction des zones de frai.
Pour pratiquer les activités nautiques il est important de faire attention aux périodes, aux pratiques et à la fréquentation. S’il y a destruction cela peut aller jusqu’à la demande de compensation (ex : destruction de frayères). Chiffrer l’impact avant l’activité c’est admettre que l’on va restreindre la fréquentation pour protéger le milieu et les espèces, ce qui n’est pas forcément compatible avec l’activité économique… cela nécessite une prise de conscience et un acte volontaire.

La connaissance du milieu et des impacts que l’activité et susceptible de générer

Les milieux aquatiques sont des hydrosystèmes c’est-à-dire des écosystèmes (habitats, espèces, conditions de vie, zones d’alimentation et de reproduction…) et une dynamique (auto-épuration, étiages/crues, érosion, méandrage…).
Les connaissances globales qu’il serait nécessaires aux pratiquants pour minimiser leurs impacts :
• La définition d’un bassin hydrographique, territoire alimentant le cours d’eau
• La dynamique d’un cours d’eau
• Les espèces et habitats que l’on peut y trouver
• Les potentiels impacts de l’activité pratiquée sur les milieux et espèces en fonction de la saison
• Comment minimiser ces impacts

Comment faire mieux connaitre les liens cycles des espèces, habitats et période et site de pratique
des activités ?
Ex. d’impact la fréquentation :
• Vibrations : nautisme motorisé
• Faucardage : mécanique, chimique
• Lumineuse
• Piétinement (berges, lit du cours d’eau)

La réflexion sur les pratiques

Il est plus facile pour cela que les pratiquants soient dans une démarche active vis-à-vis de leur milieu de pratique. Mais souvent ils ne connaissent pas bien le milieu et n’ont pas vraiment conscience de leurs impacts. Un rapprochement entre structures (club de canoë-kayak ou de canyoning et association de protection de la nature par exemple) peut permettre d’échanger, réfléchir et à terme travailler plus avant sur les bonnes pratiques à mettre en place, les messages et connaissances à faire passer aux pratiquants. Certains des acteurs de sports en eaux vives se positionnent d’ores et déjà plus avant en proposant des sensibilisations aux milieux aquatiques à leurs adhérents ou en tant que sentinelles du milieu et lanceurs d’alerte (ex. Gardiens de la rivière du CRMPCK). Un canoë est un poste intéressant pour observer les poissons et la biodiversité aquatique. Mais attention à la fréquentation et à ne pas « toucher » les espèces et leurs habitats et ce, même si l’espèce n’est pas présente à l’instant T (ex. frayères).


Retour d’expérience de l’ANA (Association des Naturalistes d’Ariège) sur la conciliation des enjeux environnementaux et des sports de nature (depuis 2003) :

• Phase de connaissance naturalistes du milieu et des activités s’y pratiquant (socio- économiques, pratiques, sécurité…).
• Prendre en compte tous les intérêts, dialoguer.
• Plus on travaille ensemble plus on peut cumuler les financements.
• Identifier les rôles des uns et des autres dans le(s) projet(s) collectif(s).
• Actions de sensibilisation des professionnels, réflexions sur les pratiques, faire prendre conscience que l’activité se déroule dans un milieu vivant, gestion des déchets, création d’outils pédagogiques à destination des pratiquants des sports d’eaux vives…
• Cela dépend quand même beaucoup des personnes…

Les 25 & 26 juin 2015, APRA le Chabot et FNE Midi-Pyrénées proposaient 2 jours de formation-échanges sur « l’impact des activités nature sur les milieux aquatiques » (journée 1 en salle, journée 2 sur le terrain), qui ont réuni des associatifs de protection de l’environnement et des professionnels des activités de loisirs en eaux vives (canoë-kayak, canyoning, pêche sportive).