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Nature Midi-Pyrénées

Une contribution du groupe botanique de Nature Midi-Pyrénées au suivi et à la préservation d’espèces végétale protégées dans l’aire métropolitaine toulousaine.

Inlassablement, depuis plus de 10 ans, les botanistes du département de la Haute-Garonne s’attachent à suivre de près la situation de plusieurs plantes protégées, symboles forts d’habitats naturels riches. Dans l’aire métropolitaine toulousaine, ces milieux sont fortement menacés par la pression immobilière et la destruction de prairies.

Le suivi des espèces s’est progressivement développé grâce à la motivation et l’investissement de nombreux bénévoles de l’environnement associatif local. Une concertation avec le Conservatoire Botanique, les services de l’état et les collectivités territoriales a débouché sur une stratégique spécifique et un financement pour la coordination du projet.

Choix des espèces suivies et organisation

Plusieurs éléments ont été pris en considération pour choisir les espèces à suivre : la rareté, notamment le niveau de responsabilité patrimoniale locale, la fragilité de l’habitat, la présence sur un nombre de communes important pour la variété de secteurs géographiques, la connaissance historique, l’attrait esthétique pour faciliter la sensibilisation du public, la facilité de détermination pour bien la reconnaitre.
Les 10 espèces suivies 

en 2014 sont la fritillaire pintade, la tulipe sylvestre, l’orchis lacté, la jacinthe de Rome, le trèfle maritime, l’orchis papillon, la renoncule à feuilles d’ophioglosse, le sérapias en cœur, l’œillet superbe et la céphalaire de Transylvanie.

Pour chacune des espèces, un coordinateur différent s’est porté volontaire. Celui-ci établit un plan de suivi précisant les stations prioritaires à revoir dans l’année. Les bénévoles du groupe botanique sont sollicités pour l’aider à suivre ces stations. Une sortie collective est organisée pour faire découvrir la plante aux autres bénévoles.
A la fin de la saison de terrain, le coordinateur dresse un bilan des observations et le transmet au chargé d’études botanique de Nature Midi-Pyrénées qui supervise l’ensemble des actions de suivi.

Une forte implication des bénévoles

En 2014, 22 bénévoles se sont impliqués dans le suivi organisé par les 10 coordinateurs sous la supervision de Mathieu Menand, chargé d’études botanique de Nature Midi-Pyrénées.
Le temps passé sur le terrain s’élèvent à 52,5 jours pour 392 stations suivies réparties plus de 140 communes.
Le niveau de connaissance de la répartition locale de ces espèces s’est considérablement accru, avec plus de 60 nouvelles stations découvertes, confirmant ainsi une maxime bien connue chez les naturalistes « plus on cherche, plus on trouve !».

Le niveau de protection bouge un peu

Dans le cadre de ce projet, un porter à connaissance a été organisé pour le sérapias en cœur. Le Conservatoire botanique a envoyé un courrier d’information aux 15 communes concernées suivi par un courrier envoyé par la Direction Départementale des Territoires aux 100 propriétaires de terrain abritant cette espèce.

Deux arrêtés préfectoraux de protection de biotope (APPB) sont en cours pour la Jacinthe de Rome : un sur les communes de Quint-Fonsegrive et Saint-Orens de Gameville et un sur les communes d’Auzeville-Tolosan et Ramonville St Agne.

Une veille sur les documents d’urbanisme se met en place : fourniture d’informations pour la révision des Plans Locaux d’Urbanisme (PLU), participation aux enquêtes publiques lorsque l’information nous parvient.

La sensibilisation du public démarre

Des contacts directs existent depuis plusieurs années avec quelques propriétaires sensibilisés à la protection du patrimoine naturel présent chez eux. Plusieurs conventions d’assistance technique ont été signées préconisant une gestion des terrains favorable au maintien des espèces concernées.

L’exposition « Toulousaines » réalisées par le Conservatoire a été conçue pour faire connaitre le sujet au grand public. Elle est disponible pour les associations et les collectivités locales.

Une réflexion doit être menée pour organiser des animations grand public destinées à la sensibilisation au niveau local.

Et demain ?



Deux plans régionaux d’action pilotés par le Conservatoire ont été lancés l’un pour l’orchis lacté, l’autre pour la jacinthe de Rome.

Ce réseau de suivi avec ce niveau d’organisation n’existe qu’en Haute-Garonne. Dans d’autres départements, il existe depuis longtemps des initiatives très intéressantes menées par d’autres associations, dans le Gers, en Ariège, dans le Tarn-et-Garonne. Un partage d’expérience serait souhaitable pour plus d’efficacité.

Pour en savoir plus, notamment sur le suivi spécifique à chaque espèce, lire l’article de Mathieu Menand paru dans la revue n°14 publiée par Isatis31 en février 2015.

Une pensée pour Rémi Fraisse, coordinateur du suivi de la renoncule à feuilles d’ophioglosse très actif sur le terrain au printemps dernier.

Régis MATHON

Botaniste administrateur de Nature Midi-Pyrénées