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AZF : 10 ans après il faut payer pour être protégé !

La protection absolue, souhaitée en 2001 est toute relative puisque le monde industriel rechigne à investir dans la sécurité et négocie une sécurité au rabais. Des millions de Français concernés, des milliards d’euros à trouver, des incidents à répétition et une situation quasiment au point mort. Devant ce constat alarmant, FNE se mobilise le 21 septembre 2011, afin de sensibiliser public et politiques.

Une menace permanente

10 ans après l’explosion de l’usine AZF à Toulouse, le 21 septembre 2001, quelles leçons en
avons nous retiré ? La situation a-t-elle évoluée ? Et si demain ça recommençait ?

Quelques chiffres sur la situation

  • 1204 sites SEVESO, dont 647 « seuil Haut » (les plus dangereux) ;
  • Plus de 450 000 industries, du pressing de quartier à la raffinerie de Donges ;
  • 54 000 sites soumis à Autorisation ; 50 000 usines ou « installations classées pour la Protection de l’Environnement » (ICPE) ;
  • 1200 « gendarmes de l’industrie » seulement, chargés de contrôler, de suivre les usines au quotidien ;
  • 1 contrôle par an en moyenne pour les SEVESO, 1 tous les 3 ans pour les industries
  • soumises à autorisation, 1 tous les 10 ans pour le reste.
Ces chiffres montrent l’insécurité qui persistent et le manque de contrôle face aux risques réels des industries chimiques. Chaque jour, on dénombre entre 3 et 4 incidents/ accidents qui sont déclarés en France pour des cas de pollutions, incendie ou explosion.
$A ces évènements ponctuels il faut rajouter toutes les pollutions dites « chroniques », au long  cours, qui dispersent des polluants comme les PCB, le mercure, lentement mais sûrement dans l’environnement.
L’exemple Toulousain : ESSO ASF un site Seveso seuil haut dont personne ne veut ! Pour ce site situé en zone urbaine, l’état préfère déménager les riverains plutôt que de délocaliser le site. La mairie de Toulouse attaque l’arrêté préfectoral et France Nature Environnement Midi Pyrénées se porte « intervenant volontaire ».

Personne ne veut régler la facture

Pour les 647 sites SEVESO « seuil haut », la facture des mesures de protections nécessaires s’élève à plus de deux milliards. Des milliers de Français concernés par la menace d’un risque qu’ils subissent et qui devront payer pour s’en protéger. En faisant reposer 70% du financement des travaux d’aménagement sur les riverains exposés au risque industriel, l’efficacité des Plan de Prévention des Risques technologiques sera limitée. L’industrie doit également investir davantage dans la réduction du risque à la source.

Sensibiliser et interpeller

A l’occasion de l’anniversaire de la catastrophe d’AZF, France Nature Environnement souhaite sensibiliser les citoyens à cette situation qui concerne des populations socialement défavorisés. FNE souhaite également interpeller les responsables politiques qui doivent se prononcer en faveur d’une prise en charge de la facture par l’Etat et les groupes industriels qui, au regard de leurs résultats financiers, ont les moyens de protéger les populations du risque qu’ils génèrent.

Le « risque zéro » n’existe pas…

Michel DUBROMEL, vice-président de France Nature Environnement : « Chacun sait bien que le risque zéro n’existe pas. Si ce constat ne doit pas être un frein à l’activité industrielle, son développement doit s’accompagner d’une prise en charge par l’Etat et par les industriels de la protection des populations exposées au risque qu’elle génère. »

José CAMBOU, responsable Santé-Environnement de France Nature Environnement ajoute : « Malheureusement, les dix ans écoulés depuis la catastrophe d’AZF n’ont pas permis de mettre en pratique la généralisation du principe « pollueur / payeur » et le risque est grand, en cas de nouvelle catastrophe industrielle, de faire un bilan comparable à celui qui a suivi le drame de Toulouse. »


A télécharger :

Le Communiqué de Presse
Le Dossier de Presse
Le focus sur le site ESSO SAS
Le document sur les SEVESO en Midi-Pyrénées
Le ppt sur les 10ans d’AZF